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Méthode détaillée

Comment le site calcule les trajets et le trafic, sur quelles données, avec quelles hypothèses, et ce qu’il ne sait pas faire.

En bref

Les données utilisées

DonnéeSourceUsage
Réseau routier, sens de circulation, vitessesOpenStreetMap (copie de la zone d’étude)Tous les calculs
Mesures du PCM (sens uniques, accès local, zones 30, 70 km/h)PCM phase 3, carte de phasage p. 32 et fiches 4A à 4C, numérisées par l’auteurSituation « avec le PCM »
Population par secteur statistiqueStatbel, 1er janvier 2024Où partent les trajets
Écoles, commerces, bureaux, zones d’activité, garesOpenStreetMapOù vont les trajets
Comptages de trafic par sens, à l’heure de pointe la plus chargéePCM phase 1, fig. 163 p. 224 (études Agora 2019 et Transitec 2020)Calage et contrôle
Saturation des carrefoursPCM phase 1, fig. 164 p. 225Calage des carrefours
Flux d’origine et de destination aux carrefours Place Communale et LanternePCM phase 3, données « Floating Car Data » du SPW, annexe p. 311-315Calage
Temps de parcours aux heures de pointePCM phase 3 p. 30 (calculateurs d’itinéraires)Contrôle uniquement

Le calcul de trajet

Les points A et B sont rattachés au carrefour le plus proche du réseau OpenStreetMap. Le site cherche l’itinéraire le plus rapide deux fois : sur le réseau actuel, puis sur le réseau modifié par toutes les mesures du PCM (toutes phases confondues).

En circulation fluide, la durée se calcule aux vitesses autorisées, sans trafic, feux ni priorités : c’est un temps minimal. En trafic du matin, chaque rue reçoit le temps estimé par le modèle de trafic, avant ou avec le PCM.

Le modèle de trafic, étape par étape

  1. Zonessecteurs statistiques, localités voisines, portes d’entrée
  2. Demandequi part d’où, et va où, à l’heure de pointe
  3. Itinéraireschacun prend le plus rapide, compte tenu du trafic des autres
  4. Calageajuster la demande pour retrouver les comptages
  5. Scénario PCMmême demande, réseau modifié

1. Découper le territoire en zones

zones pour les secteurs statistiques de Court-Saint-Étienne ( habitants), localités voisines (Ottignies, Louvain-la-Neuve, Mont-Saint-Guibert, Bousval…) et « portes » là où les routes principales quittent la zone d’étude (N25, N237, N238, N4, N275…). Chaque zone est reliée aux rues proches de ses habitations.

2. Estimer la demande

Point de départ : chaque habitant fait trajet en voiture à l’heure de pointe du matin. Les destinations sont réparties selon les lieux d’activité (une école pèse plus qu’un commerce) et la distance, comme une force d’attraction qui diminue avec le temps de trajet (« modèle gravitaire »). Les portes reçoivent un trafic de transit selon le type de route. Cette première estimation n’est qu’un brouillon : l’étape 4 la corrige.

3. Affecter les trajets aux rues

Chaque conducteur prend l’itinéraire le plus rapide, mais le temps dépend du trafic : une rue chargée ralentit, et un carrefour proche de la saturation crée une file. Le modèle cherche l’état où personne ne gagnerait de temps en changeant seul d’itinéraire (équilibre de Wardrop, calculé par l’algorithme de Frank-Wolfe). Les sections ralentissent selon la fonction BPR, les carrefours selon la fonction d’Akçelik, qui donne des files réalistes à l’approche de la saturation.

4. Caler sur les comptages

La demande est ajustée pas à pas jusqu’à ce que le trafic simulé reproduise les comptages du matin et les flux des données de navigation : on augmente les trajets qui passent par un point trop peu chargé, on diminue les autres. Les comptages du soir servent de plafond (le matin doit rester en dessous, puisque le soir est la pointe la plus chargée dans ce sens). La capacité de chaque carrefour mesuré est ajustée pour retrouver sa saturation du diagnostic. Résultat : trajets ( dans le brouillon).

5. Appliquer le PCM

Les mêmes trajets, avec les mêmes origines et destinations, sont affectés au réseau modifié par toutes les mesures du plan. La différence entre les deux équilibres montre où le trafic se reporte, où il diminue, et comment évolue la saturation des carrefours.

Validation

Indicateur usuel : le GEH, qui compare un volume modélisé à un volume compté en tenant compte de leur taille. Les guides de modélisation visent un GEH inférieur à 5 sur au moins 85 % des points de comptage.

des points de calage avec un GEH < 5
R² entre trafic compté et simulé
des points retrouvés sans les avoir utilisés (validation croisée)
plafonds du soir respectés

Ce qu’il faut en retenir. Le modèle reproduit bien les points sur lesquels il est calé. La validation croisée (chaque quart des points est recalé sans ses propres comptages, puis comparé) est le vrai test de sa capacité à prévoir là où l’on n’a pas compté : elle est moyenne, car points de comptage, c’est peu pour tout un réseau.

Détail des points de comptage

Temps de parcours

Contrôle indépendant : les temps de parcours à l’heure de pointe cités par le PCM, comparés à ceux du modèle sur les mêmes itinéraires.

Le modèle se situe dans le bas des fourchettes : il sous-estime plutôt les ralentissements.

Carrefours

Principales hypothèses

Limites

Comment lire les résultats

Indicateurs utilisés pour évaluer le PCM

IndicateurDéfinitionObjectif du PCM
Trafic dans le centreKilomètres parcourus en voiture dans la zone 30 du centre et de Wisterzée, à l’heure de pointeRéduire le transit dans le centre (phase 2, objectif 4C ; phase 3 p. 22)
Saturation d’un carrefourVolume entrant ÷ capacité ; moins de 75 % fluide, 75 à 85 % dense, 85 à 100 % risque de congestion, au-delà saturé (seuils de la phase 1, p. 223)Désengorger le centre
Part du réseau régionalPart des kilomètres parcourus sur les routes régionales et principalesHiérarchiser le réseau (objectif 4A)
Trafic résidentielKilomètres parcourus dans les rues résidentielles, à Court-Saint-Étienne et dans les communes voisinesPas de report dans les quartiers (objectif 4C)
Temps perduHeures passées dans le trafic au-delà du temps à vide, sur toute la zone d’étudePas d’objectif chiffré

Questions fréquentes

Les chiffres sont-ils fiables ?

Sur les axes comptés, oui à quelques pourcents près. Dans les petites rues, ce sont des tendances. La validation ci-dessus le montre honnêtement : le modèle reproduit bien ce qui a été compté, moins bien ce qui ne l’a pas été.

Pourquoi le modèle ne donne-t-il pas les mêmes chiffres que le PCM ?

Le PCM chiffre les flux supprimés aux entrées du centre (par exemple 360 véhicules rue de Beaurieux, 300 rue Defalque) ; le modèle retrouve ces suppressions, mais il calcule aussi où ces véhicules vont ensuite, sur tout le réseau. Le PCM lui-même donne parfois deux chiffres différents pour la même chose.

Pourquoi le trafic baisse-t-il chaussée de Bruxelles ?

Elle prolongeait l’itinéraire qui traversait le centre. Avec le PCM, une partie de ce trafic de transit bifurque avant, par des rues de Céroux-Mousty ou par Limauges : la baisse sur la chaussée est la contrepartie de reports ailleurs.

Et le soir ? Et les vélos ?

Non modélisés. Le soir demanderait un second calage, sur les comptages du soir. Les vélos demanderaient un réseau cyclable (sens uniques ouverts aux cyclistes, RAVeL) et des données d’usage.

Les commerces du centre vont-ils perdre leurs clients ?

Les données de navigation du PCM montrent que la plupart des voitures qui traversent le centre ne s’y arrêtent pas (par exemple 25 sur 560 venant du nord, annexe p. 314). Le centre reste accessible de toutes les directions, mais avec des détours : à l’heure de pointe du matin, l’accès en voiture prend environ une minute et demie de plus en moyenne, deux à trois minutes depuis la N25 ou Mont-Saint-Guibert. Le modèle ne dit rien de la fréquentation des commerces elle-même.

Qui a fait ce site, et avec quel modèle ?

Un habitant, à titre personnel, sans sponsor. Le modèle est indépendant de celui du bureau d’études ; son code et ses données sont publics et il peut être recalculé par n’importe qui.

Sources et reproductibilité